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mardi 22 mai 2018

Mai 68

Voici une vidéo récapitulative des faits qui ont marqué le printemps de l'année 1968 et l'Histoire de la France.


C'était il y a bientôt 50 ans, et pourtant les événements demeurent gravés dans les mémoires des Français. Les révoltes de Mai 68 restent les prémices à l'idéologie nouvelle qui influencera les générations suivantes. Comment comprendre ces épisodes soixante-huitards?

Les phases-clé de Mai 68

1.
"La France s'ennuie", le titre d'un article du Monde du 15 mars 1968, de Pierre Viansson-Ponté illustrait bien l'atmosphère de l'époque. Fin mars 1968, un groupement d'étudiants à la Faculté de Nanterre, influencé par des mouvements révolutionnaires, forment le mouvement du 22 mars.

2.
Très vite, cette contestation étudiante grandit. Révoltés, les jeunes dénoncent une société de consommation, traditionaliste, privée de libertés individuelles, où le chômage croît de plus en plus.

3.
Sur fond de crise politique (lassitude de la politique gaullienne) et économique (chômage grandissant), les ouvriers rejoignent rapidement les manifestants. Ainsi, le 13 mai 1968 reste un jour capital de l'histoire, la plus grande grève de l'histoire se déroule, avec plus de 200 000 personnes dans les rues parisiennes.

4.
La France est alors paralysée, les grévistes réclament de meilleures conditions de travail et les étudiants de nouvelles moeurs. De Gaulle, alors président de la République annonce alors la tenue d'un référendum sur la régionalisation. Cette action n'empêche pourtant pas les blocages.

5.
Finalement, après un mois de paralysie, le gouvernement valide fin mai les Accords de Grenelle. Le SMIC est augmenté de 35%, l'Assemblée Nationale est dissoute.

6.

Mais c'est surtout sur le plan des moeurs que Mai 68 est une révolution: développement du militantisme, du féminisme, des libertés individuelles, des mouvements écologiques et anti-consuméristes...De nombreux changements apparaissent dans l'idéologie française, ils auront un impact sur les générations suivantes.

vendredi 4 mai 2018

Loisirs et travail

Le « temps libre » dans cette société du divertissement fait-il notre bonheur ?

Le temps de loisirs est devenu temps de consommation et de « diversion » du travail taylorisé, analyse le professeur de philosophie Thomas Schauder, qui défend un droit de créer, rêver…

LE MONDE | 18.04.2018

L’événement de la semaine du 9 au 15 avril n’était ni l’intervention aérienne française en Syrie, ni le conflit entre « zadistes » et gendarmes mobiles à Notre-Dame-des-Landes, ni la mobilisation des étudiants contre la réforme de l’université. Non. Le grand événement, c’était l’annonce du sexe du bébé de Manon et Julien dans l’émission « Les Marseillais Australia » sur W9.

Si vous ne le saviez pas, c’est que vous ne faites pas partie des 700 000 à 800 000 téléspectateurs (sans compter les internautes) qui ont suivi cette télé-réalité depuis 2012. C’est beaucoup, mais moins que « Touche pas à mon poste ! », sur C8, qui dépasse régulièrement le million et demi de téléspectateurs.

Loin d’être anecdotiques, ces chiffres sont révélateurs du rapport d’une part importante de la société au divertissement. La semaine dernière, je vous ai parlé du taylorisme et des injonctions à normaliser les gestes et à optimiser le temps de travail. Examinons aujourd’hui un autre aspect de cette question : pourquoi, alors que nous sommes incités à ne pas « perdre notre temps », la télévision propose-t-elle autant de programmes destinés à « passer le temps » ?

Ne pas confondre le loisir et le divertissement

Des penseurs grecs de l’Antiquité aux marxistes de la fin du XIXe siècle, le temps de loisir a été considéré comme le temps soustrait aux activités « biologiques » du travail et du repos. Ce faisant, il était le temps que l’homme pouvait consacrer au développement de ses aptitudes proprement humaines : la vie politique, la culture (ce n’est pas pour rien qu’en grec, « loisir » se dit scholè, qui a donné le mot « école »), l’art, le sport, etc.

Le taylorisme industriel et l’automatisation ont permis de libérer progressivement du temps de loisir parce qu’il était possible de produire autant, voire plus, en moins de temps. Les travailleurs ont ainsi pu gagner les congés payés, l’interdiction du travail des enfants, le droit à la retraite, etc. Mais elle est bien lointaine l’époque où le patronat fustigeait cette « incitation à la paresse » : le marché a rapidement vu l’intérêt économique de ce temps que le travailleur pouvait consacrer à consommer d’autres choses que ce qui était nécessaire à sa survie.

Au fur et à mesure, donc, le temps de loisir est devenu un marché, il a été récupéré par la logique du travail, alors même qu’il était, traditionnellement, ce qui lui échappait essentiellement. Comme le notaient Theodor Adorno et Max Horkheimer en 1947, à propos de « l’industrie culturelle » : « Dans le capitalisme avancé, l’amusement est le prolongement du travail. Il est recherché par celui qui veut échapper au processus du travail automatisé pour être de nouveau en mesure de l’affronter. »

Le temps de loisir a ainsi subi une double transformation : d’un côté, il est un temps de consommation ; de l’autre, un temps de « divertissement » au sens de « ce qui fait diversion », ce qui permet de regarder ailleurs, d’oublier les tracas de la vie réelle en étant absorbé dans le spectacle : « Le spectacle soumet les hommes vivants dans la mesure où l’économie les a totalement soumis. Il n’est rien que l’économie se développant par elle-même. (…) Pour amener les travailleurs au statut de producteurs et consommateurs “libres” du temps-marchandise, la condition préalable a été l’expropriation violente de leur temps. » (Guy Debord, La Société du spectacle, 1967.)

« Se vider la tête »

Au contraire du loisir, le divertissement n’est pas du temps soustrait aux nécessités biologiques : il en fait partie intégralement. Dans une organisation du travail où les biens sont difficiles à obtenir et nécessitent un effort intense, la priorité pour pouvoir reconstituer sa force de travail est le repos (manger, boire et dormir). Mais dans la société taylorisée où la difficulté est moins physique que psychologique (dans la mesure où l’on pourrait séparer ces deux dimensions, alors que le phénomène du burn-out est l’exacte preuve du contraire), le divertissement est aussi nécessaire que le pain. Il s’agit pour le travailleur de « se vider la tête », expression révélatrice du besoin de consacrer ce temps libéré du travail à oublier ce dernier.

Concrètement, le divertissement n’est pas un temps d’inactivité, comme le prouvent les phénomènes de dépendance aux écrans, y compris chez les jeunes enfants. Dès qu’on a un instant de libre, on va le consacrer à regarder ce qui se passe sur Facebook ou à jouer à l’un de ces petits jeux assez débilitants sur son smartphone. Ce ne sont là que les avatars contemporains du besoin de « faire diversion » et leurdépendance est assez proche de l’alcoolisme du travailleur de la fin du siècle dernier, celui que décrit Joe à Martin Eden dans le roman éponyme de Jack London (1909) : « J’avais jamais envie de boire, à l’hôpital. C’est drôle, hein ? Mais, quand j’ai marné comme un esclave pendant toute une semaine, faut que je me cuite. »

Le divertissement fait ainsi partie intégrante de l’injonction à la rentabilité du temps à l’œuvre dans la « taylorisation de l’existence » : il consiste bel et bien en une activité qui non seulement sert le processus biologique, mais aussi le processus de production économique, puisqu’il fait vivre les industries culturelles et technologiques. Il est une activité de consommation pulsionnelle, et à ce titre est soumis aux mêmes exigences que le monde du travail dont il est le pendant : « La société de masse (…) ne veut pas la culture, mais le divertissement (…) et les articles offerts par l’industrie des loisirs sont bel et bien consommés par la société comme tous les autres objets de consommation. (…) Ils servent, comme on dit, à passer le temps, et le temps vide qui est ainsi passé n’est pas, à proprement parler, le temps de l’oisiveté (…). Et la vie biologique est toujours, au travail ou au repos, engagée dans la consommation ou dans la réceptivité passive de la distraction, un métabolisme qui se nourrit des choses en les dévorant. (…) Les critères d’après lesquels on les devrait (…) juger sont la fraîcheur et la nouveauté. » (Hannah Arendt, La Crise de la culture, 1961.)

Droit à l’inutilité et au temps perdu

Finalement, les formes contemporaines du divertissement et leur place dans la vie quotidienne ne sont que les symptômes actuels d’un drame humain, celui que décrivait Blaise Pascal au XVIIe siècle : « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos dans une chambre. »  Nous sommes nombreux à craindre l’inactivité, synonyme de l’ennui. Nous ne voulons pas penser au« malheur naturel de notre condition faible et mortelle ». Pour Blaise Pascal, le divertissement est une solution à ce problème : « Les hommes n’ayant pu guérir la mort, la misère, l’ignorance, ils se sont avisés, pour se rendre heureux, de n’y point penser. »

Le divertissement nous offre une solution pour être heureux, mais il nous fait manquer ce qui pourrait nous rendre véritablement heureux puisqu’il ne nous offre qu’une vision standardisée et impersonnelle du bonheur. Au lieu de « ne rien faire », nous ne « faisons rien » : nous occupons notre temps au lieu de prendre le temps de nous poser des questions, de penser, de contempler, de nous laisser aller à l’émerveillement. Nous nous « vidons la tête » au lieu de la remplir de tout ce qui pourrait donner un sens à nos actions.

Or le temps de l’inactivité est celui qui rend possible l’activité, d’inventer, de créer, de rêver, bref de nous soustraire réellement aux injonctions du marché et du travail. Aujourd’hui, la productivité et la richesse n’ont jamais été aussi importantes. L’occasion nous est offerte de réclamer un « droit à la paresse » (selon l’expression de Paul Lafargue), un droit à l’inutilité et au temps perdu. Et si ce droit devenait l’enjeu des luttes sociales de demain ? On a bien le droit de rêver…




jeudi 12 avril 2018

Collaboration éducative

Education : et si on arrêtait la compétition ?

Les pays nordiques et anglo-saxons ont adopté une pédagogie fondée sur le travail collectif. L’idée émerge à peine en France.

LE MONDE | 15.11.2017

Signal faible d’une renaissance durable ? Baroud d’honneur ? Poitiers a accueilli début novembre une première Biennale internationale de l’éducation nouvelle. Elle a été portée par six mouvements qui défendent les pédagogies dites coopératives, celles qui avancent que les élèves apprennent mieux ensemble, en se questionnant, en réalisant des projets communs, et surtout que ces approches contribuent à forger « le futur citoyen capable de remplir ses devoirs envers ses proches et l’humanité dans son ensemble, mais aussi l’être humain conscient de sa dignité d’homme ».

De fait, les résultats de la recherche sont constants : à l’école primaire, les pédagogies coopératives se révèlent non seulement favorables aux apprentissages mais elles rejaillissent également sur la qualité de vie à l’école, le climat scolaire et l’estime de soi. En outre, atténuer la compétition entre élèves renforce la motivation et leur satisfaction scolaire. Pourtant, en France comme dans de nombreux pays, domine toujours ce que Nathalie Mons, directrice du Conseil national de l’évaluation du système scolaire, nomme la « pédagogie du bus » : le même contenu est proposé au même moment à tous les élèves d’une classe réputée de niveau homogène. « La coopération entre pairs à l’école primaire n’est pas inscrite dans le paradigme scolaire français. Alors qu’elle fait partie de la culture anglo-saxonne – on la retrouve aux Etats-Unis ou dans les pays nordiques et asiatiques. La France fait figure d’exception », tranche la sociologue.

Conditions propices

Cette exception est à mettre sur le compte de l’opposition de l’Eglise catholique au développement de l’enseignement mutuel en France, au XIXe siècle. Cette pédagogie, dans laquelle chaque élève apprend et transmet, rompt avec le mode d’enseignement dit simultané – le maître face à ses élèves. Elle a d’abord été mise en place en Angleterre, au début du XIXe siècle, avant de se répandre en Europe. Dans l’Hexagone, elle a été vue comme une offensive des libéraux athées et protestants et comme une tentative de laïcisation de l’enseignement. Elle tentera une modeste percée dans l’entre-deux-guerres, portée par le mouvement de l’éducation nouvelle, puis à la fin des années 1960, mais sans jamais s’imposer à l’ensemble du système. Si bien que les enseignants français qui adoptent, ici ou là, des pratiques pédagogiques coopératives demeurent à la fois marginaux et marginalisés.

L’organisation et les atouts de ces pratiques, parmi lesquelles le travail de groupe et le tutorat, sont au cœur d’ “Enseigner sans exclure”, le dernier ouvrage de l’enseignant-chercheur Sylvain Connac. « Le travail de groupe permet [aux élèves] de communiquer leurs idées personnelles, d’entendre celles des autres, de les confronter et de chercher “qui a raison”, de ne pas parvenir à se mettre d’accord et, au final, de se poser tellement de questions que les explications de l’enseignant répondent à une faim avide de savoir », explique-t-il. Les compétences ainsi développées favorisent l’acquisition de la culture écrite. Quant au tutorat, le chercheur le juge non seulement « intéressant en termes de développement de l’altruisme » mais aussi susceptible de « faire progresser chaque élève dans les apprentissages, s’il est tour à tour tuteur et tutoré », comme l’ont également montré les travaux de Claire Héber-Suffrin, docteure en sciences de l’éducation. « La meilleure façon d’apprendre, c’est d’enseigner. Avec la pluralité des savoirs scolaires, c’est possible. Il n’y a pas d’élève nul partout », affirme Sylvain Connac.

Cette possibilité donnée à chaque enfant de « prendre la tête du peloton », Dominique Garoche a pu l’observer en séjournant à la Lauttasaari Primary School d’Helsinki, en Finlande, dans le cadre d’un projet Erasmus +. « La palette d’activités manuelles et intellectuelles proposées permet à chacun d’être valorisé dans un domaine. Les enfants bricolent et fabriquent énormément, ensemble, par deux ou trois, en s’entraidant », décrit cette professeure des écoles. Elle insiste sur les conditions propices au développement de l’individualisation des apprentissages et de la coopération entre pairs au sein de l’école finlandaise : espaces dévolus et outils à foison pour les activités manuelles, leadership de la directrice et de son adjointe favorisant le travail en équipe, enseignants formés et suivis, et présence d’enseignants supplémentaires dans l’école. Dominique Garoche compare : « En Finlande, la coopération existe entre adultes et entre pairs. On ne peut pas apprendre aux élèves à coopérer si on ne le fait pas nous-mêmes. »

« Message clair »

L’ancien directeur général du Centre de mobilité et de coopération internationales du ministère finlandais de l’éducation, Pasi Sahlberg, dresse également le tableau flatteur d’une école connue pour caracoler en tête des classements internationaux. « La culture des écoles finlandaises est coopérative. De nombreux apports de Célestin Freinet, Maria Montessori, et d’autres pédagogues, sont intégrés dans les salles de classes ordinaires. La responsabilité collective de l’enseignement et de l’apprentissage y est essentielle. »

Toutefois, en se référant aux récents travaux de Sherry Turkle, anthropologue au MIT (Massachusetts Institute of Technology, Cambridge, Etats-Unis), l’expert en éducation s’inquiète du « déclin notable de l’empathie chez les adolescents finlandais, grands utilisateurs de technologies numériques et en particulier des médias sociaux, qui ne sont pas toujours bons pour leur développement ». Selon Pasi Sahlberg, « la réduction des programmes scolaires pour se concentrer sur des choses mesurables a réduit les opportunités et la motivation à enseigner l’empathie à l’école ». Un apprentissage qu’il juge pourtant important pour l’humanité, la cohésion sociale et l’harmonie dans nos sociétés. Ce fin connaisseur des systèmes éducatifs invite à se tourner vers le Canada, pays le plus avancé en la matière.

C’est dans la province canadienne de Québec que l’enseignante Danièle Jasmin a développé la méthode dite du « message clair ». Cette technique de communication non violente permet de faire travailler les élèves sur leurs émotions, le développement de leur empathie et leur capacité d’écoute. Le professeur des écoles Bruce Demaugé-Bost l’utilise avec les 28 élèves de sa classe multiniveaux située en REP + (Réseau d’éducation prioritaire renforcé), à l’école Federico-Garcìa-Lorca de Vaulx-en-Velin, près de Lyon. « Avant, quand un élève était gêné par son voisin, le ton pouvait vite monter. Maintenant, il informe son camarade qu’il a un “message clair” pour lui. » S’ensuit alors un échange codifié, qui va de l’exposé de la situation à la proposition d’une solution, en passant par la verbalisation des émotions de l’émetteur du « message clair ». A l’instar de cette technique, venue d’Outre-Atlantique, les bonnes pratiques se jouent désormais des frontières, grâce à Internet et aux médias sociaux.


Source: Le Monde

jeudi 15 mars 2018

Coluche

Coluche

Remettez les anagrammes dans le bon ordre

Michel Colucci, dit Coluche, est un MOHESTIRU et comédien français d'origine italienne, né le 28 octobre 1944 dans le 14e arrondissement de Paris et mort le 19 juin 1986 à Opio (Alpes-Maritimes).

Fils d'un immigré italien et d'une française, Michel Colucci grandit à Montrouge. Il adopte le pseudonyme « Coluche » à l'âge de 26 ans, au tout début de sa carrière. Revendiquant sa SIÈTOORGSREÉ mais, selon lui, « sans jamais tomber dans la GRUILAVÉT », Coluche donne très tôt un style nouveau et sarcastique par sa liberté d'expression, au music-hall, en s’attaquant notamment aux SOUBAT, puis aux valeurs morales et politiques de la société contemporaine. En 1975, il devient célèbre en parodiant un jeu télévisé : Le Schmilblick.

Avant 1976, il occupe des rôles de second plan au cinéma avant de camper des personnages plus XURATENC, comme dans L'Aile ou la Cuisse, puis de tenir le haut de l'affiche durant les années 1980, essentiellement pour des comédies. En 1977, il passe à la réalisation en co-réalisant Vous n'aurez pas l'Alsace et la Lorraine avec Marc Monnet. En 1984, il obtient un César du meilleur acteur pour son rôle QUARDAMEIT dans Tchao Pantin de Claude Berri.

Tour à tour provocateur ou GETATARIU par ses prises de position sociales, il se présente à l'élection présidentielle de 1981 avant de se retirer, à la suite de pressions et de menaces. Devenu très ERAPIPOUL et apprécié du public, il fonde en 1985 l'association Les Restos du cœur, relais d'aide aux plus pauvres, quelques mois avant de mourir dans un accident de moto.

Source: Wikipedia

Compréhension orale


  • Donnez trois mots pour définir Coluche:
  • Quelle enfance a-t-il passé?
  • Quelles professions a exercé Coluche?
  • Quel personnage a-t-il créé?
  • Quel type de personnage Coluche préfère-t-il jouer?
  • Pourquoi a-t-il été candidat à l'élection présidentielle de 1981?
  • De quel pourcentage d'intentions de vote était-il crédité?
  • Pourquoi ne s'est-il finalement pas présenté?
  • Comment s'appelle l'association qu'il a fondée? Quel est son objectif?


La chanson des Restos (Les Enfoirés)



Moi, je file un rancard
A ceux qui n'ont plus rien
Sans idéologie, discours ou baratin
On vous promettra pas
Les toujours du grand soir
Mais juste pour l'hiver
A manger et à boire

A tous les recalés de l'âge et du chômage
Les privés du gâteau, les exclus du partage
Si nous pensons à vous, c'est en fait égoïste
Demain, nos noms, peut-être grossiront la liste

Refrain: Aujourd'hui, on n'a plus le droit
Ni d'avoir faim, ni d'avoir froid
Dépassé le chacun pour soi
Quand je pense à toi, je pense à moi
Je te promets pas le grand soir
Mais juste à manger et à boire
Un peu de pain et de chaleur
Dans les restos, les restos du cœur

Autrefois on gardait toujours une place à table
Une soupe, une chaise, un coin dans l'étable
Aujourd'hui nos paupières et nos portes sont closes
Les autres sont toujours, toujours en overdose

J'ai pas mauvaise conscience
Ca m'empêche pas d'dormir
Mais pour tout dire, ça gâche un peu le goût d'mes plaisirs
C'est pas vraiment ma faute si y'en a qui ont faim
Mais ça le deviendrait, si on n'y change rien

J'ai pas de solution pour te changer la vie
Mais si je peux t'aider quelques heures, allons-y
Y a bien d'autres misères, trop pour un inventaire

Mais ça se passe ici, ici et aujourd'hui

lundi 12 mars 2018

Nicolas Bouvier

Cherchez les réponses aux questions concernant la vie de l'auteur de “L'usage du monde” sur la page Wikipedia de Nicolas Bouvier.
  1. Où est-il né et quand?
  2. Où a-t-il étudié?
  3. Dans quelles circonstances effectue-t-il son premier voyage?
  4. Que fait-il en 1951?
  5. En 1953, il part en voyage avec son ami Thierry Vernet. Dans quelles circonstances les deux amis vont-ils se séparer?
  6. Jusqu'où Nicolas Bouvier continuera-t-il son voyage?
  7. Comment rentrera-t-il dans son pays d'origine?
  8. Quelles sont les trois oeuvres les plus importantes de sa carrière d'écrivain?

vendredi 9 mars 2018

Péripatéticien et sexisme dans le langage

Un péripatéticien à l’Elysée, à quand une péripatéticienne ?


Hier, face aux caméras d’une télévision publique, le président Macron, en compagnie d’un journaliste le questionnant avec suavité, déambula dans l’Elysée. Un de nos camarades correcteurs du Monde.fr publia alors ce touit :
Si quelques lectrices et lecteurs du touit usèrent d’une icône souriante en guise de réaction, d’autres prirent fort mal ce « péripatéticien » qui leur renvoyait inexorablement l’image d’une prostituée arpentant le pavé. Imaginez, fit remarquer l’un d’eux, qu’il s’agisse d’une présidente… Mais tout allait bien, finalement, puisque pas de présidente, ouf !
donc pourquoi s’énerver ?
Certains firent jouer, dans les remarques, le fait que nous savions fort bien, en utilisant ce terme, qu’il allait choquer. Ce qui n’est pas (encore) interdit, nous semble-t-il ; et son usage permettait de partager ou de rappeler le sens qu’eut ce mot : celui qui parle, enseigne (en l’occurrence : Aristote) en marchant.
D’ailleurs, quel plaisir de deviser tout en se promenant non pas sous les ors élyséens, mais… au bord de l’eau, au fil des rues.
Remarquons que jamais, au grand jamais, si l’on parle d’un péripatéticien, l’idée ne viendrait qu’il s’agit d’un mâle vendant ses charmes. Mais d’une péripatéticienne, pensera-t-on qu’il s’agit d’une prof'' de philo' emmenant ses élèves disserter à petits pas dans les allées du bois de Vincennes ?
Masculin raisonneur,
Féminin aguicheur ?



Qu'en pense la comédienne Catherine Arditi?

vendredi 9 février 2018

Année de césure

Année de césure : de plus en plus de jeunes quittent la France dès le bac en poche

Faire une pause, étudier une langue ou entamer un cursus hors de nos frontières… tour d’horizon des possibilités.

Le Monde | 15.01.2017 Par Françoise Marmouyet

« Grâce à cette expérience, j’ai gagné en maturité, en indépendance, et j’ai trouvé ma voie ! », s’enthousiasme Hubert Leroy, 20 ans. Tout de suite après un bac ES obtenu en 2014, le jeune homme, originaire d’un village du Nord, a passé onze mois en Inde. « En terminale, je n’avais pas de vocation particulière, j’ai donc décidé de prendre le large pour voir autre chose », raconte-t-il. Il postule alors à un programme d’échange – gratuit – du Rotary, et est retenu. Durant onze mois, le Nordiste a vécu à Vapi, dans l’Etat du Gujarat (nord-ouest de l’Inde).

Logé dans des familles d’accueil, il a suivi des cours de ­niveau première, mais a surtout découvert la province et ses habitants, et développé une passion pour la photographie. Désormais inscrit en BTS de photographie à Roubaix, il espère repartir en voyage au plus vite.

« Cette année de césure, naturelle dans les pays scandinaves ou anglophones, où il est courant de faire une pause après le lycée, n’est pas encore tout à fait admise dans notre culture française. Mais c’est en train de changer et de plus en plus de jeunes l’envisagent ou sautent le pas », estime Martine Vanhamme-Vinck, directrice du CIO (centre d’information et d’orientation) Mediacom.

Pour se perfectionner en langues, réfléchir à son orientation, travailler pendant un an, cela peut constituer une expérience enrichissante, « à condition de préparer son année et d’avoir la maturité suffisante », prévient-elle.
Pour les amateurs, des solutions encadrées existent. Le Service Volontaire Européen (SVE) permet ainsi aux jeunes de 17 à 30 ans de s’expatrier tous frais payés dans un pays de l’Union européenne ou partenaire de l’UE et d’y faire du volontariat. Dans la même veine, le service civique propose des offres à l’étranger.

« Attention à ne pas faire de ce départ une fuite : il faut bien garder en tête qu’à un moment donné il faudra choisir une voie », insiste pour sa part Graziana Boscato, directrice à Strasbourg d’Euroguidance, un centre qui conseille les candidats au départ dans l’UE.

Bonne nouvelle pour les candidats à l’expatriation : ils ne sont pas pénalisés pour postuler à des formations sur Admission post-bac (APB) à leur retour. Depuis quelques années, sur la plate-forme, les bacheliers de l’année précédente sont traités de la même manière que ceux qui viennent de passer le bac, et ont autant de chances d’intégrer la voie choisie.

Autre catégorie de partants : ceux qui vont suivre un cursus à l’étranger, parfois pour échapper à la pression du système français. Adrien Sasportes, 20 ans, poursuit ainsi une troisième année en maths-physique à la University College of London (UCL), une prestigieuse université londonienne. « La prépa ne me disait rien, car je ne voulais pas m’embarquer dans deux ans de stress, sans assurance d’obtenir, à la clé, le concours espéré », explique-t-il.

Mais pour cela, le jeune homme a entamé les démarches pour être sélectionné dès l’année de terminale. S’inscrire sur UCAS (Universities and Colleges Admissions Service), l’équivalent anglais d’APB, justifier de son excellent niveau d’anglais, fournir CV, lettre de motivation et de recommandation : la démarche est lourde. Il a finalement été admis en février de son année de terminale, sous réserve d’obtenir son bac S avec au moins 16,5 de moyenne !

Ce choix est toutefois loin d’être à la portée de toutes les bourses : le ticket est de 9000 livres l’année (plus de 10.700 euros), et le coût du logement et de la vie à Londres est élevé. Les Français peuvent toutefois essayer de décrocher un « interest free student loan», un prêt étudiant à taux 0 spécifique, une démarche courante au Royaume-Uni.

Les formations délivrant des doubles diplômes d’établissements français et étrangers, souvent très sélectives, peuvent constituer une solution intermédiaire, car une fois inscrits dans ces cursus, les boursiers français peuvent conserver leur aide, même s’ils démarrent leurs études hors frontières.
Un double diplôme, c’est la voie qu’a choisie Lauren Levy. Après un bac ES et un échec au concours d’entrée de Sciences Po Paris, la Toulousaine a combiné son envie de s’expatrier et son souci d’entamer un parcours d’excellence en suivant le double diplôme franco-anglais en droit entre l’université d’Essex (Royaume-Uni) et Toulouse-I-Capitole.

A l’issue des quatre années du cursus – première et deuxième à l’université d’Essex, troisième et quatrième à Toulouse –, les étudiants sont diplômés des deux institutions. En septembre 2014, elle a ainsi fait sa première rentrée universitaire sur le campus de l’Essex, à Colchester (au nord-est de Londres). « La vie associative y est intense, et la participation à des projets divers est très valorisée : j’ai ainsi pu organiser des conférences avec des professionnels sur les droits de l’homme ou la liberté d’expression », se ­réjouit celle qui poursuit actuellement sa troisième année à Toulouse.

Source: Le Monde

mardi 6 février 2018

Le carnaval en France

Cádiz, Córdoba ou Las Palmas, le carnaval est très présent dans certaines régions de l'Espagne. Qu'en est-il en France? Voici quelques éléments de réponse...

Niveau Intermediaire: direction Nice


Les batailles de fleurs, tradition du Carnaval de Nice

Les batailles de fleurs, qui nécessitent une quantité impressionnante de fleurs locales, contribuent à la renommée du Carnaval de Nice depuis la fin du XIXème siècle. Nous vous proposons de découvrir les origines de cette tradition placée sous le signe de la beauté et de l’éphémère.

Si les origines du Carnaval de Nice sont bien antérieures, il a fallu attendre 1876 pour que des chars fleuris apparaissent au cours des festivités carnavalesques, à l'instigation du poète jardinier Alphonse Karr et du Comte de Cessole. C’est Andriot Saëtone qui créa la première bataille de fleurs sur la Promenade des anglais (alors même que les autres défilés carnavalesques avec batailles de confettis se déroulaient déjà à Nice). A l’origine, les batailles de fleurs ressemblaient plus à un élégant défilé de chars fleuris qu'à de véritables "batailles" de fleurs et étaient plutôt une manifestation réservée à "l'élite", en marge de la fête populaire.

La bataille de fleurs s’est imposée progressivement comme un événement incontournable du Carnaval de Nice. Ce défilé, auquel toutes les célébrités de l'époque ont participé, jouissait déjà à la Belle Époque d’une renommée internationale.

Les batailles de fleurs niçoises ont inspiré des défilés fleuris dans d’autres villes de la Côte d’Azur ou du monde. La célèbre parade fleurie de Pasadena, aux Etats-Unis a été créée en 1890 par Francis Rowland, après qu'il ait assisté à une bataille de fleurs à Nice. Isabelle, fille de Pedro I du Brésil, s’inspira également du modèle niçois pour célébrer l'abolition de l'esclavage en organisant le premier défilé de voitures fleuries à Rio.

La coutume de jeter des fleurs pendant les défilés de carnaval s’est perpétuée au fil des siècles, mais la Bataille de Fleurs a évolué en un véritable corso fleuri composé d'une vingtaine de chars ornés de fleurs fraîches. De nos jours, le corso des batailles de fleurs offre un défilé de chars allégoriques entièrement fleuris accompagnés par plusieurs groupes musicaux, français et étrangers.

Sur chaque char, deux à trois jeunes mannequins, habillés de somptueux costumes de plumes, de paillettes et de strass créés pour l'occasion, lancent des milliers de fleurs aux spectateurs installés dans les tribunes (représentant environ 20kg de Mimosa et fleurs coupées). 4000 à 5000 tiges de fleurs fraîches sont nécessaires à la réalisation de chacun des chars (de 7 mètres de long pour 2 mètres de large et 6 mètres de haut). 90 % des fleurs utilisées proviennent de producteurs locaux : œillets, roses, glaïeuls, dalhias et mimosa sont tout particulièrement mis à l’honneur.

Source: www.gralon.net

Le carnaval de Nice, en images, c'est ça.


Niveau Avancé: remontons vers le Nord et Dunkerque!

LA NAISSANCE DU CARNAVAL DE DUNKERQUE

Les origines du carnaval dunkerquois remontent au début du XVIIe siècle. Le premier document officiel connu parlant de ces festivités est daté du 16 janvier 1676. Dunkerque est alors un port de pêche à la morue en Islande. Ces expéditions durent six mois et sont risquées. De nombreux hommes n'en reviennent jamais. Face à ce danger, les armateurs paient aux pêcheurs une partie de leur solde avant le départ. Une assurance pour les familles. Ils leur offraient également une fête (la « Foye »), l’occasion de se défouler avant d’affronter la mer. De la Foye naîtra la « Visschersbende » (bande des pêcheurs en flamand). Elle se déroulait à l'origine sur trois jours, entre le lundi gras et le mercredi des cendres, marquant le début du Carême. La tradition est restée, ce sont les 3 joyeuses.

ET AUJOURD'HUI ? QUE SONT DEVENUES LES 3 JOYEUSES?

A l'origine, toutes les festivités se déroulaient dans une auberge. Petit à petit, vers la fin du siècle, les pêcheurs et leurs familles se déguisèrent et envahirent les rues de la ville. Aujourd’hui, la passion continue. Participer au carnaval constitue une fierté pour les Dunkerquois. Des dizaines de milliers de personnes assistent à la fête et participent à la folie qui s’empare de toute la ville. Les « bandes », qui se déroulent en général le dimanche après-midi, consistent en un immense défilé où chacun reprend les chants traditionnels. Chacun apporte son entrain, son imagination à la folie ambiante et se sent garant de l'âme dunkerquoise : c'est ainsi que le « masquelour » avance fièrement, la poitrine bombée, la tête droite, le parapluie brandi bien haut.

LE LEXIQUE DU CARNAVAL DE DUNKERQUE

LES “CLET’CHES” ET ACCESSOIRES

Les costumes constituent l’identité carnavalesque. Même si beaucoup d’hommes se déguisent en femme avec chapeau, jupe et porte-jarretelles, le choix du costume reste à la libre expression de chacun.

LES CHAPELLES

Ce sont des « maisons amies » où l’on s’arrête pour se faire offrir à boire, voire à manger. L’idéal pour une halte avant, pendant ou après la Bande, ou encore avant de se rendre au bal.

LA BANDE

C’est le nom donné au « cortège de carnavaleux ». Derrière les musiciens et le tambour major, les carnavaleux en ligne avancent en rangs serrés et chantant les traditionnelles chansons de Carnaval.

LE RIGODON, FINAL DU CARNAVAL

C’est le point d’orgue de la journée (vers 19h) qui rassemble les carnavaleux autour d’une place centrale. Les chahuts s’y succèdent à un rythme infernal, jusqu’à ce que s’élève de toutes les gorges la « Cantate à Jean Bart », hymne que les Dunkerquois chantent main dans la main, genoux à terre et chapeau bas, en hommage au vaillant corsaire.

LE LEXIQUE DU CARNAVAL DE DUNKERQUE (SUITE)

LE CHAHUT

Au signe donné par le tambour major, les cuivres entament une chanson entraînante. Les premières lignes se bloquent et retiennent derrière elles les milliers de carnavaleux qui poussent et sautent.



Les harengs dunkerquois


  • Pourquoi lance-t-on des harengs sur la foule des carnavaleux?
  • Comment mange-t-on les harengs à Dunkerque?
  • Comment s'appelle le hareng fumé que l'on lance à Dunkerque?
  • Que lançait le maire de Dunkerque qui s'appelait Michel Delebarre?
  • Que faisaient les carnavaleux qui en attrappaient un?
  • Combien de harengs lance-t-on depuis le balcon de la Mairie de Dunkerque?
Pour découvrir d'autres aspects du carnaval, cliquez sur ce lien.

jeudi 1 février 2018

Une émeute pour du Nutella


A Beauvais, le jour d’après l’émeute au Nutella

Elsa Mari, 28 janvier 2018 www.leparisien.fr

Reportage à l’Intermarché de Beauvais-nord (Oise), où la promotion sur le Nutella jeudi a créé l’hystérie.

Samedi, à l’Intermarché Beauvais-nord (Oise), sous un ciel sous couleur, le calme est revenu. Mais les scènes de cohue, provoquées par une promotion à -70% sur le Nutella, font honte aux habitants. Chacun s’interroge : comment un pot de 950 grammes à 4,70€, soldé 1,41€ du 25 au 27 janvier, a pu créer une telle bousculade au sein des rayons ? « Bêtise », « cinglés », « sauvages ». Les insultes pleuvent. Mais, très vite, certains chuchotent un autre mot « précarité ». Comme si cette guerre pour 3€ n’était que la photographie d’une détresse sociale, que l’on préfère ignorer.

« Là, ils peuvent s’offrir de la marque ! »

« D’habitude, les gens achètent de la pâte à tartiner au premier prix comme ça, ils économisent pour mettre de la viande dans leur assiette, là, ils peuvent s’offrir de la marque ! », assure comme une évidence Kerrigan, croisé avec sa famille. Gosse de 19 ans, en survêtement noir, accro au Nutella, il en engloutit à la petite cuillère un pot de près d’un kilo, en deux jours depuis tout petit. « Mais je ne peux pas toujours m’en offrir ». Sans emploi, Kerrigan, vit chez sa mère, derrière l’hypermarché, « là-bas », lance-t-il, évoquant les grandes tours de la cité plantées au milieu de nulle part. Alors, ce matin du 25 janvier, premier jour de promotion, le garçon débrouillard, arrivé tôt, parvient à se faufiler entre les bousculades et les chariots renversés. Et à sauver ses deux pots malgré les mains voleuses. « Les gens se poussaient car on ne pouvait en acheter que trois ». Sa mère est attrapée par le manteau, les vigiles sidérés. Une vidéo de l’hystérie collective filmée par un client, vue 150 000 fois devient la risée des internautes.

Que répondre à cette pluie de moqueries ? Le garçon la comprend. Son frère Jeffrey, 23 ans, papa de deux enfants, au chômage, lui n’a pas participé à la scène. N’excuse rien. Mais poursuit, timide. « Ici, les mentalités ne sont pas comme à Paris. Dès qu’il y a une promo, les gens se l’arrachent ». Sa petite copine Laura acquiesce. «La vie est tellement dure, lâche-t-elle, le regard vide. Une personne sur deux est au chômage dans notre entourage. Faut bien nourrir les enfants et leur faire plaisir quand on peut ».

Une promotion de fin de mois, où chaque euro compte.

A la sortie de l’hypermarché, une caissière confirme cette ruée permanente : « Ici, les gens courent dès l’ouverture. Y a 15 jours, le pack de six bouteilles de Perrier était à 0,96€, ça a été une véritable razzia ! ». Sa collègue Aurélie* évoque aussi une « sorte d’engrenage comme pour les soldes ». Un mouvement de meutes. « Quand tout le monde veut un produit, forcément on le veut aussi ». Laetitia, 34 ans, cernes creusés, en sait quelque chose : « A l’école, les parents lâchaient leurs enfants et couraient vers l’Intermarché en criant vite, vite, y aura plus de Nutella ». Une semaine avant, cette ristourne spectaculaire sur un produit familial rarement soldé, s’affichait partout, faisant monter la fièvre collective : arrêt de bus, réseaux sociaux, catalogue de l’hypermarché. Surtout que cette promotion est tombée, en fin de mois, où chaque euro compte.

« C’est un produit de luxe, comme le vrai Coca »

« A cette période, il me reste parfois 20 à 30€, glisse Sadio, mère de 3 enfants. C’est un produit de luxe, comme le vrai Coca ». Alors, certains n’hésitent pas à jouer les petits revendeurs. Avec sa copine Aline, elles viennent de voir sur le groupe de brocante de Beauvais, que les fameux pots étaient déjà proposés à 3€ sur Facebook. S’ils en ont acheté 10, ça fait 15€ de gagné ». Un business qu’a remarqué le personnel du magasin. « On a vu les mêmes clients pendant trois jours, ils en prenaient dix pour les revendre plus cher, avance une responsable, désolée. Ils sortaient même des cartes handicapées pour passer en priorité ! ». Samedi, en cette fin d’après-midi, impossible de trouver le fameux sésame en rayon. Prudente, la responsable en distribuait à la demande, un carton à la main. Sans cesse, interrompue, par les clients. « Excusez-moi, il vous reste encore du Nutella ? ».
*Les prénoms ont été changés.

dimanche 14 janvier 2018

Passer l'hiver en forme

Les 5 clés pour passer l'hiver en forme

Anissa Boumediene www.20minutes.fr

La France a froid. Alors que les premiers flocons de neige sont déjà tombés dans le Nord-Est, la chute du thermomètre amorcée ce week-end se poursuit et la neige va toucher d'autres régions. Après une fin d'année aux températures douces, l'hiver est là, apportant son cortège de nez qui coulent, de kilos en trop, de fatigue et de baisse de moral. 20 Minutes vous explique comment et pourquoi prendre soin de vous pour passer l'hiver sans encombre.

1. Ne pas manger n'importe quoi

Un plat copieux quand les températures chutent, c'est bon et ça réconforte. Mais gare à ne pas sursolliciter le système digestif, sous peine de fatiguer l'organisme et troubler le sommeil. On évite donc les plats trop lourds, on privilégie des aliments riches en vitamines et oligo-éléments essentiels -fruits et légumes, céréales complètes, viande et poisson- pour renforcer ses défenses immunitaires, et on boit beaucoup, mais pas d'alcool. Mollo aussi sur les sucres rapides, qui boostent l'énergie à très court terme avant de vous mettre à plat. En cas de coup de mou, optez pour une collation plus saine avec un fruit ou un yaourt et une poignée de fruits secs. Les gourmands pourront aussi ajouter deux carrés de chocolat noir.

2. Faire du sport

Bien plus motivé à faire du sport quand l’heure d’enfiler le maillot de bain se rapproche, on a plus tendance à laisser les baskets au placard l’hiver venu, quand rester au chaud sous la couette nous séduit davantage qu’une séance de jogging sous une température proche de zéro. Pourtant, le sport, c'est bon pour votre corps mais aussi pour votre moral, et se bouger l'hiver a aussi des vertus particulières. En plus de contrebalancer les excès alimentaires des fêtes de fin d'année et des soirées raclette, une bonne séance de sport libère des endorphines et aide à lutter contre les baisses de moral et dépressions saisonnières, fréquentes en hiver. Autre bienfait non négligeable, il génère une bonne fatigue qui vous fait dormir comme un bébé.

3. Dormir

Manger sainement et faire du sport c'est bien, mais si le corps est épuisé, ça ne sert à rien. Pour ne pas être d'une humeur de chien et recharger ses batteries, il faut dormir. La clé d'une bonne forme: se coucher avant minuit pour un sommeil de qualité et faire un petit somme réparateur de vingt minutes quand on le peut. En revanche, la longue sieste de fin d'après-midi est à bannir, sous peine de tourner en rond dans son lit le soir venu et d'être encore plus fatigué le lendemain. 

4. Bien se couvrir

Rien de tel pour tomber malade que de passer à répétition du froid au chaud. On pense à s'habiller chaudement, en couvrant bien son cou, ses mains et sa tête. Et pas la peine de surchauffer sa maison, c'est mauvais pour le sommeil. Enfin, même s'il fait très froid, on ouvre grand ses fenêtres chaque jour pendant cinq minutes, pour dépolluer l'air intérieur.

5. Se laver les mains


Pour éviter au maximum les spécialités hivernales comme le rhume, la gastro ou encore la grippe, il faut se laver régulièrement les mains, avant de manger, après chaque passage aux toilettes et aussi après avoir pris les transports en commun. Et si vous êtes déjà malade, ne réutilisez pas vos mouchoirs et n'éternuez pas sans vous couvrir la bouche, votre entourage vous en remerciera.

mercredi 10 janvier 2018

France Gall

Après Johnny Hallyday, nouvelle disparition dans le paysage musical francophone: hommage à France Gall.

France Gall

Née le 9 octobre 1947 à Paris, France Gall, née Isabelle Gall, est bercée par la musique dès son plus jeune âge. Car chez les Gall, la musique est une affaire de famille. Son père, Robert Gall, est ancien élève du conservatoire, chanteur et auteur (c’est notamment lui qui a composé La Mamma, pour Charles Aznavour). Sa mère, Cécile Berthier, est de son côté la fille de Paul Berthier, cofondateur des Petits Chanteurs à la Croix de Bois. A l’âge de 5 ans, elle prend ses premiers cours de piano. A 11 ans, elle veut aussi apprendre la guitare. Adolescente, elle s’associe pour jouer à ses deux frères jumeaux, Patrice et Philippe. Au printemps 1963, son père encourage vite celle qu’il surnomme son petit caporal à enregistrer ses premières chansons.

Très vite, Robert Gall signe pour sa fille encore mineure un contrat chez Philips. Denis Bourgeois, qui s’occupe déjà de la carrière de Serge Gainsbourg, devient son directeur artistique. Sous son impulsion, Isabelle devient France Gall, un nom qui sonne mieux pour le métier et qui ne pourra pas interférer avec celui d’Isabelle Aubret, chanteuse vedette de l’époque. Le jour de ses 16 ans, son premier disque “Ne sois pas si bête” résonne sur toutes les ondes radio. Le succès est immédiat. Vient alors à Denis Bourgeois l’idée de demander à son poulain, Serge Gainsbourg, d’écrire pour France Gall. L’avenir lui donne raison: de nombreux morceaux comme “N’écoute pas les idoles” et “Laisse tomber les filles” se placent en tête des hit-parades. Ses collaborations avec des paroliers tels que Joe Dassin, Pierre Delanöe et Alain Goraguer, se multiplient. Fin 1964, “Sacré Charlemagne”, l’album que lui écrit son père, est encore un énorme succès, se vendant à plus de 2 millions d’exemplaires dans le monde entier.

En mars 1965, France Gall est choisie pour représenter le Luxembourg au Concours Eurovision de la chanson. Son “Poupée de cire, poupée de son”, lui fait gagner le Grand Prix et la chanson explose, enregistrée dans pas moins de cinq langues, japonais compris. Arrivent 1966 et "Les sucettes" de Gainsbourg, un morceau que France Gall (n’en saisissant à l’époque pas la portée) chante avec une naïveté déconcertante mais qui provoque le scandale. Devenant, à son insu, la première Lolita française ses fans habituels la boudent et, après de nouveaux flops, le tandem Gainsbourg-Gall ne fonctionne plus. Lorsque France Gall réalise enfin les sous-entendus qu’évoque la chanson, elle se sent humiliée.

France Gall a cependant du mal à trouver son style, à l’inverse des chanteurs dont elle a partagé la vie et qu’elle inspire. Claude François, avec lequel elle vit une histoire d’amour impossible écrit pour elle “Comme d’habitude”, en 1967, après leur rupture. Puis c’est au tour de Julien Clerc de lui consacrer “Souffrir par toi n’est pas souffrir” en 1975, lorsque France Gall, décide de le quitter après cinq ans passés ensemble. En 1974, subjuguée par la chanson “Attends-moi” de Michel Berger, France Gall n’hésite pas à lui demander son avis sur des chansons que son producteur veut lui faire enregistrer. Mais Michel Berger, réticent au début, n’accepte que six mois plus tard. En mai 1974, il écrit en pensant à elle “La déclaration”. C’est la naissance d’un grand amour entre France Gall et Michel Berger. A partir de 1975, il écrit et produit ses albums et lui dédie la chanson “Lumière du jour”.

C’est tout naturellement que Michel Berger intègre sa femme au casting de toutes les comédies musicales qu’il écrit: “Made in France”, en 1978, puis "Starmania", l’opéra rock co-écrit avec Luc Plamondon, en 1979. Starmania est un triomphe: tubes et concerts battent leur plein. Les années 1980 font partie des plus productives de la chanteuse. Elle sort deux albums à la suite: “Paris France” (1980) et “Tout pour la musique” (1981). En 1992, France Gall et Michel Berger enregistrent un deuxième duo qui sera cette fois un album complet: “Double jeu” sort mais c’est malheureusement le dernier. Foudroyé par une crise cardiaque, Michel Berger décède après une partie de tennis dans leur propriété de Ramatuelle le 2 août 1992.

France Gall s'est depuis éloignée des studios d'enregistrement, en dehors de quelques albums au profit des Restos du Cœur avec la troupe des Enfoirés. En 2006, sensible à la cause des plus démunis, elle est la marraine de l’opération Cœur d’Or. En 2015, elle rend hommage à la musique de Michel Berger, et met en scène ses textes à travers la comédie musicale “Résiste” qu'elle met en scène avec Bruck Dawit.

Le 7 janvier 2018, France Gall décède à l'âge de 70 ans des suites d'un cancer.



Trouvez dans le texte les synonymes des mots et expressions suivants:

  • balancer un enfant pour l'endormir ou le calmer:
  • soldat de première classe:
  • influence:
  • protégé:
  • incroyable et/ou maudit:
  • comprenant:
  • ingénuité:
  • être fâché, en froid avec quelqu'un:
  • hésitant:
  • succès musical:
  • terrassé:
  • pauvres:   



Ella, elle l'a

Retrouvez les paroles de la chanson.

C'est comme une ____________, comme un sourire
Quelque chose dans la voix qui paraît nous dire "viens"
Qui nous fait sentir ____________________________
C'est comme toute l'histoire du peuple noir qui se balance
Entre l'amour et ___________________
Quelque chose qui danse en toi
Si tu l'as, tu l'as.

Refrain: Ella, elle l'a
Ce __________________ que d'autres n'ont pas
Qui nous met dans un drôle d'état
Ella, elle l'a. Ella, elle l'a
Cette drôle de voix, cette drôle de joie
Ce don du ciel qui ___________________
Ella, elle l'a. Ella, elle l'a


Elle a ce tout petit supplément ____________________
Cet indéfinissable charme, cette petite flamme
Tape sur des _________________, sur des pianos
Sur tout ce que Dieu peut te mettre entre les mains
Montre ton _____________ ou ton ________________
Mais que tu n'aies rien, que tu sois ____________________
Que tu cherches encore les pouvoirs qui dorment en toi
Tu vois ça ne s'achète pas
Quand tu l'as, tu l'as.
Refrain


mercredi 20 décembre 2017

Panier AMAP

Les solutions pour ne pas gâcher son panier Amap

Privilégier le lien direct entre consommateur et producteur est un des premiers objectifs de ma mission 100% économie collaborative. Direction l’Amap (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne) de mon quartier pour mettre en application ces bonnes résolutions, avec un panier de légumes bio par semaine... Mais quand on est abonné aux pâtes au pesto, pas facile de se retrouver du jour au lendemain devant les fourneaux. Voici quelques astuces pour lutter contre le gaspillage les semaines où le maraîcher a de l’or dans les mains…

Environ 70 foyers s’approvisionnent dans l’Amap près de chez moi, pour 45,50€ par mois, soit un peu plus de 11€ le panier. Xavier, maraîcher de Sancy-les-Provins (77), livre ses légumes en fonction de sa production. La quantité récupérée est donc très variable d’une semaine à l’autre, mais toujours composée de variétés de la saison. Début septembre, le premier panier que je récupère déborde: salade, tomates, melon, aubergines, basilic, poivrons, échalotes… Super, mais je stresse déjà à l’idée de gâcher tout ça. Dans le lot, il y a des feuilles vertes que je suis incapable d’identifier.

Après quelques recherches sur Google images, j’apprends qu’il s’agit du chou kale, « un chou très ancien, cultivé autrefois dans les jardins français et tombé dans l’oubli ». Pas très engageant… J’opte pour la cuisson à la poêle dans du beurre et des échalotes, recette trouvée sur un site d’astuces culinaires. Un régal! Pour le reste, je m’abonne au régime simple mais délicieux tomate-mozza-basilic. Et quand je vois que des légumes sont en train de dépérir, je les cuits et les garde au frigo, sur les conseils d’Hélène, un genre de « super amapienne », inscrite depuis 8 ans. Le week-end dernier, il me restait malgré tout une courgette sur les bras, que j’ai calée entre deux tee-shirts dans ma valise et emmenée en week-end. Eh oui!, il y a toujours une solution…

Partager son panier avec ses copains est selon moi le meilleur plan anti-gaspillage. Nicolas est la seule personne de sa colocation inscrite dans l’Amap, mais il partage son panier chaque semaine avec ses 5 colocataires. Une bonne méthode zéro gâchis, en plus d’être moins contraignante: « On tourne pour récupérer le panier, donc au final je me rends à l’Amap moins d’une fois par mois », explique Nicolas.

Moi, je ne vis pas en colocation, mais j’ai de sympathiques voisins qui ont longuement hésité à s’inscrire dans une Amap, justement par peur de gâcher. Je ne mets pas longtemps à les convaincre de partager le panier. On n’aura peut-être pas assez de légumes pour la semaine, mais au moins, on ne perd rien !

S’il vous reste malgré tout des légumes sur les bras et que vraiment, vous ne pouvez pas vous résoudre à cuisiner davantage, rendez-vous du côté du « Bon coin de la nourriture », avec Hop Hop Food, une application disponible sur l’Apple store et bientôt sur Android. L’objectif d’Hop Hop Food est de permettre aux particuliers de mettre en ligne les produits qu’ils risquent de gâcher, pour en faire profiter gratuitement des gens qui en auraient besoin. Jean-Claude Mizzi, président de l’association Hop Hop Food reste prudent sur le succès du concept. « Les gens n’ont pas l’habitude de photographier leurs aliments pour les proposer plutôt que de les jeter. C’est un long travail de sensibilisation. »

Une autre solution encore émergente mais pleine de promesses est le frigo solidaire. Après Marseille, Nantes et Metz, Paris s’est doté de son premier frigo dans le 18e arrondissement en juin 2017, devant le restaurant La cantine du 18e. Mieux vaut alors déposer une recette de cuisine avec ses blettes et autres rutabagas pour tenter les passants… Quelle que soit la solution que vous adopterez, plus d’excuse pour continuer à jeter!

Adèle Bertier www.20minutes.fr




jeudi 16 novembre 2017

Molière

Molière

Complétez le texte en utilisant les mots suivants:

cour – vers – dramaturge – moeurs – rôle – archétypes
chorégraphes – farces – pièces – retentissantes – emblématique – malaise

Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière, est un comédien et _______________ français, baptisé le 15 janvier 1622 en l'église Saint-Eustache à Paris et mort dans la même ville le 17 février 1673.

Issu d'une famille de marchands parisiens, il s'associe à 21 ans avec une dizaine de camarades, dont la comédienne Madeleine Béjart, pour former la troupe de l’Illustre Théâtre qui, malgré la collaboration de dramaturges de renom, ne parvient pas à s'imposer à Paris. Pendant treize ans, Molière et ses amis Béjart parcourent les provinces méridionales du royaume au sein d'une troupe itinérante entretenue par plusieurs protecteurs successifs. Au cours de cette période, Molière compose quelques _______________ ou petites comédies et ses deux premières grandes comédies. De retour à Paris en 1658, il devient vite, à la tête de sa troupe, le comédien et auteur favori du jeune Louis XIV et de sa _______________ pour lesquels il conçoit de nombreux spectacles, en collaboration avec les meilleurs architectes scéniques, _______________ et musiciens du temps. Il meurt à l’âge de 51 ans, quelques heures après avoir tenu pour la quatrième fois le rôle-titre du Malade imaginaire.

Grand créateur de formes dramatiques, interprète du rôle principal de la plupart de ses _______________ Molière a exploité les diverses ressources du comique — verbal, gestuel et visuel, de situation — et pratiqué tous les genres de comédie, de la farce à la comédie de caractère. Il a créé des personnages individualisés, à la psychologie complexe, qui sont rapidement devenus des _______________. Observateur lucide et pénétrant, il peint les _______________ et les comportements de ses contemporains, n'épargnant guère que les ecclésiastiques et les hauts dignitaires de la monarchie, pour le plus grand plaisir de son public, tant à la cour qu'à la ville. Loin de se limiter à des divertissements anodins, ses grandes comédies remettent en cause des principes d'organisation sociale bien établis, suscitant de _______________ polémiques et l'hostilité durable des milieux dévots.

L'œuvre de Molière, une trentaine de comédies en _______________ ou en prose, accompagnées ou non d'entrées de ballet et de musique, constitue un des piliers de l'enseignement littéraire en France et continue de remporter un vif succès au théâtre, non seulement en France et à la Comédie-Française, surnommée « la Maison de Molière », mais aussi à l'étranger. Sa vie mouvementée et sa forte personnalité ont inspiré dramaturges et cinéastes.

Signe de la place _______________ qu'il occupe dans la culture nationale, le français est couramment désigné comme « la langue de Molière », au même titre que l'anglais est « la langue de Shakespeare ».

Une mort légendaire
   

Le 17 février 1673, un an jour pour jour après la mort de Madeleine Béjart, la Troupe du Roy donne la quatrième représentation du “Malade imaginaire”. Molière, qui y tient le _______________ d'Argan, se sent plus fatigué qu'à l'ordinaire par sa « fluxion de poitrine », mais il refuse d'annuler la représentation. Pris d'un _______________ sur scène, il est « si fort travaillé de sa fluxion qu'il eut de la peine à jouer son rôle » et meurt quelques heures plus tard.

lundi 6 novembre 2017

Daniel Pennac

Voici deux exercices portant sur deux romans de l'auteur français contemporain Daniel Pennac: une compréhension écrite sur "Chagrin d'école" et une compréhension orale sur "Journal d'un corps".

“Chagrin d'école” (Daniel Pennac)

Observez les mots et expressions soulignés et donnez une structure synonyme en sélectionnant la bonne réponse.
Aucun avenir.
Des enfants qui ne deviendront pas.
Des enfants désespérants.
Écolier, puis collégien, puis lycéen,
j'y croyais dur comme fer moi à cette existence sans avenir.
C'est même la toute première chose dont un mauvais élève se persuade.
- 
Avec des notes pareilles qu'est-ce que tu peux espérer?
- 
Tu t'imagines que tu vas passer en sixième? (En cinquième, en quatrième, en troisième, en seconde, en première...)
- 
Combien de chances, au bac, d'après vous, faites-moi plaisir, calculez vos chances vous-même, sur cent, combien?
Ou cette directrice de collège, dans un vrai cri de joie:
- 
Vous, Pennacchioni, le BEPC? Vous ne l'aurez jamais! Vous m'entendez? Jamais!
Elle en vibrait.
En tout cas je ne deviendrai pas comme toi, vieille folle! Je ne serai jamais prof,
araignée engluée dans ta propre toile, garde-chiourme vissée à ton bureau jusqu'à la fin de tes jours. Jamais! Nous autres les élèves nous passons, vous, vous restez! Nous sommes libres et vous, vous en avez pris pour perpète. Nous, les mauvais, nous n'allons nulle part mais au moins nous y allons! L'estrade ne sera pas l'enclos minable de notre vie!
Mépris pour mépris je me raccrochais à ce méchant réconfort:
nous passons, les profs restent; c'est une conversation fréquente chez les élèves de fond de classe. Les cancres se nourrissent de mots.
Donc, j'étais un mauvais élève. Chaque soir de mon enfance, je rentrais à la maison poursuivi par l'école. Mes carnets disaient la réprobation de mes maîtres. Quand je n'étais pas le dernier de ma classe, c'est que j'en étais l'avant dernier. Fermé à l'arithmétique d'abord, aux mathématiques ensuite, profondément dysorthographique, rétif à la mémorisation des dates et à la localisation des lieux géographiques, inapte à l'apprentissage des langues étrangères, réputé paresseux (leçons non apprises, travail non fait), je rapportais à la maison des résultats pitoyables que ne rachetaient ni la musique, ni le sport, ni d'ailleurs aucune activité parascolaire.
- 
Tu comprends? Est-ce que seulement tu comprends ce que je t'explique?
Je ne comprenais pas. Cette inaptitude à comprendre remontait si loin dans mon enfance que la famille avait imaginé une légende pour en dater les origines: mon apprentissage de l'alphabet. J'ai toujours entendu dire qu'il m'avait fallu une année entière pour retenir la lettre a. La lettre a, en un an. Le désert de mon ignorance commençait au-delà de l'infranchissable b.
- 
Pas de panique, dans vingt-six ans il possédera parfaitement son alphabet.
Ainsi ironisait mon père pour
distraire ses propres craintes. Bien des années plus tard, comme je redoublais ma terminale à la poursuite d'un baccalauréat qui m'échappait obstinément, il aura cette formule:
- 
Ne t'inquiète pas, même pour le bac on finit par acquérir des automatismes...
Ou, en septembre 1968,
ma licence de lettres enfin en poche:
- 
Il t'aura fallu une révolution pour la licence, doit-on craindre une guerre mondiale pour l'agrégation?
Cela dit sans méchanceté particulière. C'était notre forme de connivence. Nous avons assez vite choisi de sourire, mon père et moi.
Mais 
revenons à mes débuts. Dernier-né d'une fratrie de quatre, j'étais un cas d'espèce. Mes parents n'avaient pas eu l'occasion de s'entraîner avec mes aînés, dont la scolarité, pour n'être pas exceptionnellement brillante, s'était déroulée sans heurt.
J'étais un objet de stupeur, et de stupeur constante car les années passaient sans apporter la moindre amélioration à mon état d'hébétude scolaire. "
Les bras m'en tombent", "Je n'en reviens pas", me sont des exclamations familières, associées à des regards d'adulte où je vois bien que mon incapacité à assimiler quoi que ce soit creuse un abîme d'incrédulité.
Apparemment, tout le monde comprenait plus vite que moi.
- 
Tu es complètement bouché!
Un après-midi de l
'année du bac (une des années du bac), mon père me donnant un cours de trigonométrie danla pièce qui nous servait de bibliothèque, notre chien se coucha en douce sur le lit, derrière nous. Repéré, il fut sèchement viré:
- 
Dehors, le chien, dans ton fauteuil!
Cinq minutes plus tard, le chien était de nouveau sur le lit. Il avait juste pris le soin d'aller chercher la vieille couverture qui protégeait son fauteuil et de se coucher sur elle. Admiration générale, bien sûr, et justifiée: qu'un animal pût associer une interdiction à l'idée abstraite de propreté et en tirer la conclusion qu'il fallait faire son lit pour jouir de la compagnie des maîtres, chapeau, évidemment, un authentique raisonnement! Ce fut un sujet de conversation familiale qui traversa les âges. Personnellement, j'en tirai l'enseignement que même le chien de la maison pigeait plus vite que moi. Je crois bien lui avoir murmuré à l'oreille :
- 
Demain, c'est toi qui vas au bahut, lèche-cul.

Trouvez un synonyme des mots ou expressions suivants.

  1. j'y croyais dur comme fer
  • J'y croyais totalement.
  • J'y croyais parce qu'on m'y obligeait.
  • J'y croyais mais sans en être véritablement persuadé.

  1. les élèves, nous passons
- Les élèves ne sont jamais les mêmes.
- Les élèves accèdent à la classe superieure.
- Les élèves vont et viennent dans leur école.

  1. Les cancres
- Les maladies dues à une tumeur.
- Les élèves médiocres
- Les dictionnaires

  1. des résultats pitoyables
- Des notes très irrégulières
- Des résultats insuffisants
- Des notes en progression constante

  1. redoublais ma terminale
- Je multipliais les efforts pour finir ma scolarité.
- Je refaisais ma dernière année de lycée
- Je terminais en étant très fatigué.

  1. ma licence de lettres
- Mon diplôme universitaire en langue et littérature françaises.
- Mon permis pour devenir écrivain.
- Mon autorisation pour écrire dans un journal.

  1. Les bras m'en tombent
- Je suis totalement découragé
- J'ai très mal aux bras.
- Je suis vraiment surpris.

  1. Tu es complètement bouché
- Tu parles assez mal, ton vocabulaire est pauvre.
- Tu ne comprends rien à rien.
- Tu ne sais pas articuler quand tu parles.

  1. en douce
- Avec douceur
- Tranquillement
- Sans que personne ne le remarque.

  1. c'est toi qui vas au bahut.
- C'est toi qui vas te coucher.
- C'est toi qui vas faire la cuisine.
- C'est toi qui vas au lycée.



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Trouvez les 7 réponses incorrectes.

  1. Daniel Pennac va bien.
  2. Daniel Pennac met entre deux et quatre ans pour écrire un roman.
  3. Il a souvent des problèmes physiques lorsqu'il écrit des romans.
  4. “Le journal d'un corps” parle de l'histoire d'un corps de la naissance à la mort.
  5. Le livre parle des bons et des mauvais moments que le corps peut vivre pendant une vie.
  6. “Le journal d'un corps” est autobiographique.
  7. Daniel Pennac reconnaît avoir parfois des troubles au niveau sexuel.
  8. Ce livre est une histoire vraie.
  9. Daniel Pennac parle du courage du bien portant.
  10. Pour Daniel Pennac, l'envie de vivre est toujours la plus forte.
  11. Le livre est humoristique.
  12. L'épisode de l'homme à la poche se termine par le vol d'une serviette.
  13. L'homme qui a la sonde guérira.
  14. Daniel Pennac n'aime pas recevoir de visites à l'hôpital.
  15. Daniel Pennac a été hospitalisé après s'être cassé le pied.
  16. Daniel Pennac s'est ennuyé pendant l'interview.